CHRONIQUES

VENDREDI 16 MARS

Char, Camus ou les deux soleils de Senac

récital vocal et musical

Cie du Piano Voyageur

conception/mise en scène: Eglantine Jouve
assistante à la mise en scène: Sylvia Chemoil
création lumière: Frédéric Lopez

avec:

Eglantine Jouve
Florent Viguié
Jérôme Médeville
Jacques Miel

La correspondance bouleversante qui a relié Albert Camus et René Char avec Jean sénac, alors tout jeune poète en construction, nous fait entrer par la petite porte dans cet univers intime du processus de l’écriture. Entre eux pas d’encensement, mais des conseils précieux, des boutades, des confidences… Dans leurs textes ou dans leurs lettres ils se racontent et cherchent à décrire ce qui sous tend leur travail.

Lettres, inédits et extraits d’œuvres, jeux de voix, de mots, de piano, de saxo, laissez vous emporter par ce trio virevolté…


VENDREDI 27 AVRIL
O Mon Pays

Un diptyque de la Cie Pôle Nord.

C.D.I. – SANDRINE, la destinée d’une trieuse de verre.
C.D.D. – CHACAL, l’autoroute doit être ininterrompue

Avec Lise Maussion et Damien Mongin

Durant les deux années qui ont suivi la naissance du Théâtre Pôle Nord, nous avons écrit et joué sans trêve. Le premier spectacle Sandrine a été écrit en six mois. À peine commencions-nous à le jouer que nous repartions sur l’écriture de Chacal, qui est arrivé neuf mois plus tard.
Ces spectacles sont venus dans un même souffle. Ils sont la trace d’un seul et long chemin, une errance théâtrale à travers l’actualité française et le sentiment d’une misère diffuse. Ces spectacles se font écho. Leurs personnages, Sandrine enferrée dans sa vie comme dans un bloc de granit, et Chacal sans racine et sans nom, s’interpellent. C’est pourquoi nous décidons aujourd’hui de ne pas les séparer, de les jouer ensemble en alternance dans les théâtres. Ils formeront désormais les pendants d’un seul et même diptyque : « Ô MON PAYS ! ».

C.D.I. – SANDRINE,
la destinée d’une trieuse de verre.

« Alors donc je m’appelle Sandrine, voilà. J’ai vingt-sept ans, j’ai bientôt vingt-huit ans mais pour l’instant j’ai vingt-sept ans. Mon signe astrologique c’est taureau, par contre je ne connais pas mon ascendant. Je n’ai jamais su en fait quand est-ce que je suis née, et si on ne sait pas quand est-ce qu’on est né, qu’on ne sait pas exactement – parce qu’il faut savoir exactement quand est-ce qu’on est né -, hé bien on ne peut pas savoir son ascendant. Donc je n’ai jamais su mon ascendant.

J’ai téléphoné à ma mère plusieurs fois pour lui demander : Mais quand est-ce que je suis née, à quelle heure je suis née ? Elle m’a dit : Tu es née la nuit, dans la nuit. Elle dit : C’est la nuit… Mais la nuit c’est vague. Il fait nuit il est vingt-et-une heures, ensuite il fait nuit jusqu’à cinq heures du matin. Entre vingt-et-une heures et cinq heures du matin il y a beaucoup de choses qui changent, la Terre tourne, le Soleil tourne, tout tourne dans la nuit, donc du coup je ne peux pas savoir mon ascendant. Bon mais c’est pas… c’est pas… en tout cas je sais que je suis taureau. Donc je suis taureau. Voilà quoi je…. Ben c’est Sandrine quoi ! »

C.D.D. – CHACAL,
l’autoroute doit être ininterrompue

Je fais partie des grands travaux.
Je fais partie des hommes qui construisent des autoroutes. Comme on construit des cathédrales.
Pour d’autres hommes, qui n’ont pas peur d’aller vite, qui n’ont pas peur que tout s’écroule.
Je dors dans une chambre d’hôtel.
La radio ne marche pas.

J’appelle ma femme avant de dormir pour entendre sa voix.
Elle voulait un enfant parce qu’elle avait vingt ans je lui ai dit qu’elle avait le temps qu’elle pouvait en avoir jusqu’à quarante ans elle m’a dit qu’à quarante ans elle en aurait trois.
Le réceptionniste me réveille à six heures.
Un Turc me cherche les poux et j’en ai pas.
Je ne suis plus un enfant. Je ne fais plus partie du code pénal. Je ne suis pas un animal non plus.
Je suis sous la route.


VENDREDI 18 MAI
L’Inquietante rencontre
de Rubbish Clown et Dolly Smith

“récital cynique et dramatico-gotico-lyrique…”

Creation 2012 du Collectif TDP

Textes Fred Lopez
Composition musicale Barbara Weldens
Regard artistique Eglantine Jouve
Création lumière Christophe Boucher

Avec Fred Lopez et Barbara Weldens

Paris, place Pigalle, 5 heures du matin…
Les robes des travestis sont froissées et maculées de traces douteuses…
Quelques jeunes de banlieue errent encore les yeux bouffis, enfumés…
Les clochards résidents ont enfin réussis à endormir leur ame….
Assis sur un banc… le regard révolté de n’avoir pas encore trouvé comment éviter les drames il là voit s’approcher au loin….


VENDREDI 29 JUIN

Minuit et quart

Concert piano/voix (avec un brin de cirque !)

Barbara WELDENS

« Je viens du Cirque.
Le vrai Cirque, qui sent la sciure, la bâche et la pisse de tigre.
J’ai grandi dans les odeurs de la piste, j’ai appris mon métier sur le tas, jongleuse, acrobate et dresseuse, j’étais promise à l’itinérance.
Ainsi, depuis que je sais conduire un camion, je promène mes numéros de scènes en rues, de salles en chapiteaux…
Pourtant…

…Je chante. »

Barbara W. s’accompagne au piano et chante ce qu’elle écrit et compose : des chansons émouvantes, acides, vivantes. Le geste, chez Barbara W., c’est d’abord l’expression de son visage. Le cirque encore. Le théâtre. L’émotion, la gravité, la dérision, le sombre jusqu’à l’obscur, l’heureux, le drôle. Une palette. La partition est immense. Son bonheur d’être là, évident.
Sidne Crinchabou.


VENDREDI 27 JUILLET
La Croisiere du Navigator

Ciné concert/Buster keaton

Cie du Piano Voyageur/Jerome Medeville

Synopsis :

A la suite d’un concours de circonstances, un riche héritier et une jeune femme tout aussi aisée se retrouvent seuls sur un immense bateau à la dérive. Ils vont devoir se débrouiller par eux-mêmes et s’organiser pour survivre. Ils finissent par s’échouer près d’une île peuplée de cannibales passablement inhospitaliers. La Croisière du Navigator est tout empreint de ce comique mélancolique si particulier à Buster Keaton. Il fait montre de trésors d’inventivité pour ses gags dans ce milieu somme toute assez réduit, il joue avec les structures, les appareillages pour créer des situations. La Croisière du Navigator fut le plus gros succès commercial de Buster Keaton. Il n’a pas pris une ride aujourd’hui.

Jérôme Médeville, et son Piano Voyageur

Après 6 ans dans l’armée de l’air comme élève pilote puis navigateur, Jérôme quitte tout pour se consacrer à son nouveau rêve: voyager avec son piano et jouer de la musique classique loin des grandes salles, plus près des gens. Depuis 10 ans, du Sahara au Caucase, en pleine nature ou sur une place publique, le Piano Voyageur émerveille toutesles générations.

Suite à plusieurs demandes d’accompagnement de film Muet, le pianiste s’est pris au jeux de l’improvisation musico-visuelle avec un immense plaisir !Il vous livre avec l’accompagnement de ce film étonnant, un grand moment de bonheur…


VENDREDI 26 OCTOBRE
Drole de duel

 

 

 

 

 

Théâtre dansé

Cie les Objets Trouves

Un spectacle de Werner Büchler
avec
Ludovic Camdessus (le footballeur)
Omar Dakiri (le voyou)
Werner Büchler (le père)

photos: Jean-Michel Camdessus, www.jmichelc.com

Dans cette pièce, un premier fils, propre sur lui, sportif et enthousiaste semble sourire à la vie.
Le deuxième est sensible et contestataire. Il est perdu dans la dérision et les “produits” : tout lui manque alors qu’il n’a jamais manqué de rien.
La mémoire cependant retient les “porteurs du savoir humain” selon de mystérieuses règles… Et les chemins ne sont pas tout tracés.
Une époque affronte la suivante – un match ! Et comme un match de foot, il produit des images,
des stars, des buts, des victoires et des chutes. Ce sont des images d’une bataille d’idées et de philosophie. Le résultat de ce match n’est pas une simple victoire, non, c’est l’avenir…Alliant musique et danse à la parole, le regard décapant de la compagnie les Objets trouvés insuffle sa vitalité à ce sujet où se croisent profondeur et drôlerie.


 

NOVEMBRE (autour du 23 novembre)
Les Barbares

Une apologie du fait divers

Co-production “Theatre Pole Nord” et “Cie Vous etes ici”
Grace au soutien du conseil général de l’Ardeche et de la Comedie de valence

Equipe artistique et technique
Vincent Arot
Ludivine Bluche
Nicolas Giret-Famin
Lise Maussion
Damien Mongin

photos: Julia Seguin –  julia.seguin.photographe@gmail.com  –

Une apologie du fait divers
Je me sens parfois comme une pierre tenue au-dessus du vide par une main invisible.

Alors que quelques familles se partagent le pays ; alors que la bureaucratie neutralise méthodiquement les tissus sociaux, confiés jadis aux soins du Service Public ; tandis que les Etats ôtent leurs habits républicains pour devenir sans complexe des gérants d’entreprise, au service de l’Argent – il plâne dans l’air comme une odeur de merde.

Mais à qui est cette main invisible qui me tient par les cheveux et me laisse sans voix ?
Où est le sol sur lequel je posais les pieds ?
Comme si le mince fil qui me reliait aux autres et à moi-même avait claqué.

Le vide gronde sous mes pas. Il faut me sortir de là. Je dois agir. Je dois me dépasser. Me dépasser…

Tu pourrais ouvrir la fenêtre du bureau et sauter devant tes collègues.
Tu pourrais ouvrir le gaz la nuit pendant que ta famille dort, et t’en aller refaire ta vie ailleurs.
Tu pourrais empoigner le Président de la République dans un bain de foule, parce qu’il doit savoir que tu es inquiet, et qu’il ne peut pas sourire comme cela.

Tes gestes ne seraient pas de désespoir, mais d’espoir fou.